Markku Lähdesmäki

Les paysages blancs peuplés de baigneurs livrent une image de la parfaite harmonie entre l’Homme et la nature, entre tradition finlandaise et détails humoristiques.

Markku Lähdesmäki s’est intéressé à la photographie dès l’âge de 8 ans. À 21 ans, il possédait un studio dans sa ville natale de Tampere (Finlande), et peu après à Londres (Royaume-Uni). Une carrière de photographe commercial est devenue sa nouvelle réalité qui l’a conduit à Los Angeles. Ses photographies vont alors de la peinture pure à des composites techniques complexes.  Son amour de la photographie engendre chez lui un flux constant de travaux personnels qui s’inspirent largement des valeurs qui lui sont chères : la joie de vivre, la tranquillité d’esprit et le sens de l’humour.

« Il y a quelques années, j’ai visité Tampere, ma ville natale, au début du mois de janvier. C’est toujours passionnant de revoir ces endroits avec un regard nouveau, après tant d’années d’absence. L’un de mes lieux préférés est le lac appelé Rauhaniemi situé au bord de l’immense lac Näsijärvi, le plus grand lac de la région. En été, Rauhaniemi Kansankylpylä (thermes de Rauhaniemi) est envahi de gens qui prennent des bains de soleil, dégustent des glaces, boivent du café et nagent dans l’eau fraîche du lac.

En arrivant, le thermomètre de ma voiture affichait – 24 °C. Je m’attendais à trouver des arbres et des bâtiments enneigés au bord du lac gelé. À ma grande surprise, l’endroit fourmillait de gens qui nageaient dans le lac gelé. Un peu de fumée s’échappant de la cheminée me disait qu’au moins ils auraient droit au sauna chaud après la baignade. Des personnes de tout âge s’adonnaient à leur rituel quotidien.

J’avais besoin de gants chauds supplémentaires pour tenir mon appareil photo. Je me suis d’abord demandé comment les nageurs réagiraient à la vue de mon objectif, très chaudement habillé tel un explorateur tout juste arrivé des pôles, alors qu’eux n’étaient qu’en bikinis et maillots de bain.

Leur réaction a été très positive, mais j’ai dû  leur promettre de faire moi-même le plongeon polaire après ma séance photo. Le sauna était prêt et les portes s’ouvraient à une heure de l’après-midi, ce qui ne me laissait que deux heures de lumière pour prendre des photos avant que la nuit ne tombe à nouveau. J’y suis retourné quatre fois pour les prises de vues et j’ai fini par me baigner peut-être six fois. Ce fut une expérience extraordinaire : spirituelle, époustouflante, revigorante et, bien sûr, froide. »